Juin 2026. La filière poire européenne s'est donné rendez-vous en Italie.
Interpera a dévoilé les premières tendances de la production européenne de poire pour la campagne 2026
Ce sont plus de 200 producteurs et experts du secteur de la poire qui se sont réunis les 25 et 26 juin 2026 à Ferrare, en Italie pour le congrès international Interpera.
Comme chaque année, les premières estimations de production pour la prochaine campagne y ont été dévoilées. Elles indiquent une légère baisse pour la plupart des pays.
• En Belgique, la production prévue est d’environ 363 875 tonnes, soit une baisse de 7 % ;
• En France, on estime la production à environ 143 000 tonnes, soit une baisse de 6 % ;
• En Espagne, les prévisions s’élèvent à 251 265 tonnes, soit également une baisse de 6 %.
• Le Portugal fait figure d'exception, avec une production qui devrait atteindre 130 500 tonnes, soit une hausse de 13 %.
• En ce qui concerne les Pays-Bas la tendance serait à une production égale ou légèrement plus élevée qu’en 2025-26.
• Pour l'Italie, la production semble pour l'instant supérieure à celle de l'année dernière, mais la situation variant considérablement d'une région à l'autre les estimations ne sont pas encore définitives.

Évolution de la production
Elisa Macchi, directrice de CSO Italy, a souligné le recul de la production dans l’Union européenne. En effet, il y a dix ans, le potentiel européen s’élevait à environ 2,4 millions de tonnes; en 2025, la production s’est stabilisée à environ 1,8 million de tonnes, en raison de la réduction des surfaces cultivées et des difficultés liées au climat, aux maladies des plantes et à la complexité croissante de la gestion.
L'évolution de ces dernières années montre aussi un changement dans les rapports de force entre les pays producteurs. Jusqu'en 2018, l'Italie jouait un rôle très important sur la scène européenne ; après 2018, la géographie de la production s'est diversifiée, avec le renforcement de la Belgique et des Pays-Bas. La production italienne en 2025 s’est établie à environ 293 000 tonnes, en baisse d’environ 27 % par rapport à l’année précédente et bien loin des niveaux historiques, quand la moyenne nationale dépassait les 700 000 tonnes.
Export
Sur le plan commercial, Elisa Macchi a souligné que, malgré la baisse de l'offre, les exportations vers l'Europe n'ont enregistré qu'une baisse modérée. Elle a également mis en avant la vocation internationale grandissante de certains pays, mais aussi les différences dans leur capacité à s'implanter sur les marchés étrangers. Les propensions à l'exportation varient en effet beaucoup:
Pays-Bas 86 %, Belgique 85 %, Pologne 97 %, Portugal à 58 %, Espagne à 38 %, tandis que l'Italie s'en tient à 14 %, notamment en raison de l'importance plus grande du marché intérieur.
Les interventions tout au long du congrès ont permis de souligner les défis auxquels est confronté le secteur dans les six principaux pays producteurs de l’UE: le renouvellement générationnel, la gestion des crises, la protection des plantes, l’adaptation du système de production au changement climatique, la productivité des vergers et le coût de la main-d’œuvre.
En conclusion de la journée les messages clés portés par les intervenants ont été les suivants :
- La nécessité de relancer la consommation en trouvant de nouveaux consommateurs (notamment chez les jeunes), tout en plaidant pour son intégration dans les politiques publiques de santé ;
- L’importance de la recherche et innovation pour le développement de nouvelles variétés plus adaptées, notamment aux effets du changement climatique ;
- La nécessité de disposer de matières actives pour la protection des vergers ;
- L’importance de la politique agricole commune et notamment de l’OCM fruits et légumes et des programmes opérationnels.
Interpera 2026 a réuni des délégués italiens, mais également plusieurs délégations venues de Belgique, des Pays-Bas, de France, d'Espagne, du Portugal, d’Allemagne et de Bulgarie.
Organisé par CSO Italy et l’AREFLH, Interpera a pu compter sur le soutien de partenaires privilégiés comme UNAPera, la ville de Ferrare, la région Émilie-Romagne, ainsi que des entreprises Unitec, CIV, Isolcell, BPER, AgroFresh, Corteva et Natura Nuova.

Le programme 2026
Afin d’offrir une vision à 360 degrés de la filière, Interpera 2026 s'est articulé autour de trois moments clés :
- 25 juin matin – Session économique : une analyse approfondie avec les premières estimations sur la campagne 2026/2027. Les tendances du marché, les perspectives de consommation et les nouvelles stratégies de valorisation commerciale seront abordées.
- 25 juin après-midi – Session technique : un panel d'experts internationaux a aprofondi les défis agronomiques actuels, de la lutte contre le changement climatique à la mise en œuvre de techniques culturales durables, en passant par l'innovation, qui ne se limite pas aux variétés.
- 26 juin – Visites techniques : Une journée consacrée au « terrain », avec des visites guidées chez les meilleurs producteurs locaux pour découvrir de près l’innovation et la qualité de la culture de la poire. Organisé par la Fondazione Navarra.
Consultez le programme 2026 : en anglais - en italien
Pour en savoir plus visitez : www.interpera.org

Interpera 2025 : main-d’œuvre, changement climatique, consommation : la poire européenne en quête de solutions
Le Congrès international de la poire s'est tenu les 25 et 26 juin 2025 dans la ville belge de Hasselt.
Interpera a réuni des acteurs du secteur international de la poire afin de discuter des enjeux actuels.
Cette 16e édition a été co-organisée par l'AREFLH et la VBT (Fédération des coopératives horticoles belges).
ES : Léer el comunicado prensa en español
IT : Leggere il comunicato stampa in italiano
Le 25 juin 2025, lors du congrès Interpera les experts du secteur de la poire ont évoqué plusieurs préoccupations communes pour l’avenir du secteur. Entre les difficultés liées main-d’œuvre, l’ adaptation des pratiques agricoles face aux restrictions phytosanitaires, ou encore la gestion de l’eau, les défis sont nombreux. À cela s’ajoute un point important, la baisse de la consommation, notamment chez les jeunes.
Dans son discours d’ouverture, Jo Brouns, Ministre flamand de l’Agriculture a salué la résilience du secteur de la poire, tout en réaffirmant l’importance de ses trois piliers: la recherche et l’innovation, la promotion et la coopération internationale.
Comme chaque année, les représentants des six principaux pays producteurs de poires – la Belgique, l’Espagne, la France, l’Italie, les Pays-Bas et le Portugal – ont dressé un bilan détaillé de la saison écoulée. Une saison globalement satisfaisante pour la majorité des pays, malgré des obstacles persistants qui compliquent de plus en plus les conditions de production :
- La protection du verger, mise à mal suite à la perte de certaines molécules actives sans alternatives efficaces pour les remplacer et lutter contre l’augmentation des maladies et ravageurs.
- Le coût de la main-d’œuvre, et son manque de disponibilité, d’où un intérêt croissant du secteur pour la robotisation.
- La gestion de l’eau,qui soulève de fortes préoccupations ; le stockage reste insuffisant malgré des épisodes pluvieux, rendant la disponibilité irrégulière et difficile à anticiper.
- La baisse de la consommation, notamment chez les jeunes. L’attractivité de la poire doit être repensée pour attirer de nouveaux consommateurs.
Lors de la deuxième table ronde de la journée, les six principaux pays producteurs ont partagé leurs prévisions de récolte pour la campagne 2024-2025. Les estimations suivantes sont à considérer avec prudence, la saison n’ayant pas encore pleinement révélé son potentiel :
- Espagne : hausse de production estimée à +31 % par rapport à 2024, où le potentiel de production n’était pas atteint.
- Belgique : prévisions d’une augmentation de 25 %, après une campagne précédente en retrait.
- Portugal : des volumes globalement stables par rapport à l’an dernier.
- France : une baisse attendue de 9 %, mais un accroissement des surfaces et l’arrivée de nouvelles variétés sont à noter.
- Italie : une hausse possible, mais à confirmer plus tard dans la saison, les principales variétés italiennes ayant une récolte tardive.
- Pays-Bas : les premières tendances indiquent une hausse probable, suite à une campagne précédente marquée par une baisse de 10 %.
C’est la deuxième fois que la Belgique accueille le congrès depuis sa création en 2008. Le pays est l’un des principaux producteurs européens de poires, avec une production concentrée en Flandre. La variété Conférence y domine largement, appréciée pour sa conservation et son exportabilité. Chaque année, la Belgique produit environ 350 000 tonnes de poires, dont une grande partie est destinée à l’exportation, principalement vers les pays voisins et des pays tiers comme la Chine et le Brésil.
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Dany Bylemans, Directeur général de PCfruit, a ensuite présenté les travaux du groupe de travail « Vergers numériques » d'Eufrin, mettant en lumière des innovations telles que la création de vergers numériques jumeaux pour simuler des paramètres, des scénarios et des contraintes, ainsi que le potentiel de l'agrivoltaïque.
Les présentations de Kris Jans (BelOrta) et de Filip Fontaine (VLAMS) ont décrit de manière détaillée le profil des consommateurs et leurs habitudes d’achat, soulignant la chute de la consommation de poires ces 20 dernières années. Des exemples de bonnes pratiques pour la commercialisation et la promotion ont permis de donner des éléments pour relancer la consommation.
Les sessions techniques de l’après-midi ont approfondi plusieurs enjeux clés pour l’avenir de la production de poires. Ann Schenk, cheffe de projet au VCBT, a dressé un état des lieux de la recherche post-récolte, soulignant les avancées en matière de conservation et de qualité des fruits. La précision culturale a également été au cœur des échanges, avec la présentation de Peter Frans De Jong (Université de Wageningen), qui a illustré comment passer du macro au micro pour une gestion fine à l’échelle de l’arbre. La question sanitaire n’a pas été en reste : Gianfranco Anfora (Université de Trente) a fait un point complet sur la lutte contre les punaises diaboliques, tandis que Tim Beliën (PCfruit) a exposé comment la modélisation peut améliorer le positionnement des stratégies de lutte contre les drageons du poirier. Ces interventions ont mis en lumière la richesse des travaux de recherche en cours et leur potentiel d’application concrète sur le terrain.
Face à ces défis climatiques, économiques et techniques abordés lors d’Interpera, Luc Vanoirbeek Secrétaire général du VBT et Lisa Martini, Vice-présidente de l’AREFLH s’accordent à dire que « la nécessité de se retrouver, de partager, d’innover ensemble n’a jamais été aussi forte. C’est cela, l’esprit d’Interpera. »
Le deuxième jour, le 26 juin, une journée de visites techniques sont venues compléter le programme, offrant une immersion concrète dans les pratiques belges.
Cette édition 2025 était organisée par l'AREFLH et le VBT ( Fédération des coopératives horticoles belges).
www.interpera.org
Les entreprises Belorta, Boeren Bond, pcfruit et VCBT on également participé à l'organisation du congrès
